
Parmi la foule, je marche
On n' me remarque pas
Ou si c'n'est à peine.
Je suis assis là sur le trottoir
Face à vous qui passez, passez
Pressés de retrouver votre nid douillet
Moi la rue est ma maison
Le bitume blanc mon lit
J'y dors la nuit, j'y vis le jourEn hivers le froid se fait mordant
Et la mort sournoise, guette
Ceux qui s'endorment épuisés
Vaincus par le gèle ...Qui sera le prochain?A passer de l'autre côté,Qui sera le prochainA faire la une des faits d'hivers?"
L'été, le soleil brille
Haut dans le ciel et de toutes Ses forces... trop... il brûleNos peaux meurtries et rend
L'air irrespirable, j'étouffe, je suffoque ...Nul ne peut lui échapper
Aucune issue, aucune échappatoire...Riez, riez vous qui vous trouvez
Dans vos bureaux avec vos ventilosRiez, riez de nous... nous rirons de vous
Lorsque ce sera votre tour
De descendre en Enfer
Parmi les mille et un tourments de la rueRiez, riez de nous ...
Tout ce qui vous importe c'est ce fric
Dont vous ne connaissez même pas la valeur
Tout ce qui vous importe c'est de le battre lui
Lui mais qui c'est « Lui » ?
Vous voyez vous ne connaissez même
Pas votre adversaire, votre propre adversaire
Qui n'est autre que vous-mêmeDevant nous, vous passez, pressés
De ne pas rencontrer nos regards
Dérangeants, pressés de fuir cette
Misère qui n'existe pas ici, non !
Ce pays est le pays où règnent
La démocratie, la liberté, la chance
Pour chacun ! Alors pourquoi fuir ?
Nous sommes comme vous
Pourquoi nous fuir monsieur ?
Madame la bonne parole qui allez
A l'église chaque dimanche,
Faire bonne foi, penser à son prochain
Hypocrisie, venez nous voir, venez
Ici et vous comprendrez tout,
Tout je vous le jure sur ...
Je ne jurerai pas, je ne suis pas
Comme vous j'agirai
Pas comme vous, pas comme vous ...
Oui c'est cela, riez, riez de nous
Et nous verrons qui rira le dernier.©Artemis