En vie

Ce matin j'ai pris le train et je suis partie ...
Je n'ai
rien pris, rien laissé ...
Je sui
s partie ...
Sans savoi
r où ce train me conduirait,
sans s
avoir qui j'y rencontrerai.
Comme
une invitation au voyage, il est venu
comme un
e invitation à une danse,
il est v
enu et je l'ai suivi sereine,
main
dans la main, non sans me retourner une fois ...
Qui sait
pour combien de temps,
Qui sait c
e que j'y apprendrai ...

Dans la
voiture où je me trouvais,
je rema
rquais un homme et un enfant,
tou
s deux assis à l'opposé de mon siège ...
L'ho
mme était agé de soixante-dix ans,
il avait les cheveux courts teintés de gris
Et
les yeux de la même couleur que le ciel.
Il n
e cessait de lire, toujours le même journal
to
ujours la même page, comme s'il essayait
d'él
ucider un mystère ....
Il resta jusqu'au bout,
je
m'étais arrêtée avant lui ...
Quelque chose me disait que j'étais arrivée ...
L'enfant
était comme moi assis à la fenêtre,
ses cheveu
x d'un doux chatain encadraient
ave
c délicatesse ce visage innocent ...
S
es yeux qe je devinais violets étaient empreints
de mé
lancolie, elle ne devait pas avoir plus de dix ans
mais s
emblait à la fois perdue et résignée,
comme si
la vie en lui imposant ce fardeau
l'avait poussé à quitter ce monde naif ....
L'
ange m'observa ainsi un moment de ses yeux tristes,
j'aur
ai voulu la serrer contre moi et la protéger de mes bras
mais déjà les portes s'ouvraient et je du la quitter à contre coeur.

Notre desti
nation semblait déjà être programmée ...
Au de
hors, les paysages défilaient les uns après les autres ...
On pouvait
voir tantôt des régions boisées, inhospitalieres
à
l'Homme, tantôt des espaces où il règnait en maître absolu.
Ce
spectacle m'attristait et je pensais à ces peuples
q
ui au lieu de saccager la Terre, vivaient en tentant de la respecter
et étaient en parfaite harmonie avec ce qui les entouraient.
C
haque élément, chaque être étaient pourvu d'une âme
et
un rôle. Il n'existait en aucun cas d'espèce nuisible ...

V
int le moment où je fis mes adieux au train,
j
e me retrouvais au beau milieu de nulle part ...
Je n'
étais pas inquiète, je marchais, des heures,
des jours durant, m'abritant sous un arbre
qua
nd la fatigue me gagnait, me nourrissant de baies
sauvages et
d'eau de pluie ...

J
'arrivais enfin au bout de quelques jours
au b
ord d'une plage et senti pour la première fois
le parfu
m salé de la mer ... j'enlevais une à une
mes
chaussures et m'avançais lentement vers l'eau ...
Quelle se
nsation délicieuse alors que de sentir
la frai
cheur des vagues sur mes pieds nus ...
Le ven
t se levait, comme une légère brise
et s'infil
trait entre mes doigts ...
Je ferm
ais les yeux et me laissais aller
à cette quiétude sans nom ...
Le j
our n'allait pas tarder à se lever
et je pouvais déjà sentir sur mes joues
sa car
esse m'emplissant de chaleur et de bien être ...
Lorsque
je rouvris les paupières,
j'étais f
ace à l'infini et savais que j'étais vivante ...


©Artemis
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Dernière mise à jour de cette page le 17/10/2008

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