Hurlement intérieur

Jeudi 29 mars 2007, 19 : 18
Devant l'ordinateur, mon regard se perd au fil des pages, au fil des images, vide, sombre ... J'attends, une explication, une femme, un espoir, un déchirement, j'attends ... La nuit vient peu à peu recouvrir la ville de son voile, les voitures continuent de rouler, les gens ne cessent de marcher, vite, pressés de rentrer chez eux ... J'attends, une voix, un visage, son visage, son sourire, j'attends, de savoir, de comprendre ... personne dans la chambre, ils sont dehors et m'ont déjà oubliée dans leurs douce quiétude, ils ont déjà oublié, depuis si longtemps ... j'attends l'heure, le départ, le jour où je les quitterai, je les ai déjà quittés, des siècles se sont écoulés depuis ma fuite, des larmes ont coulé depuis ma mort ... Un piano, un violon jouent, mes gestes sont automatiques, une touche puis deux, puis trois, la mort cérébrale, je ne suis plus qu'un corps, je ne suis plus qu'une machine ...
Je ne sens plus mon cœur, lui qui une heure auparavant me faisait encore mal, serait-il lui aussi mort ? Un poison, coule en mes veines, et se diffuse lentement dans mes bras, mes mains, ma poitrine, ... je ne sens plus rien, aucune douleur, aucun picotement, aucune gêne ... mort cérébrale ... je continue d'attendre, l'espoir, le désespoir, la vérité, le mensonge, ses mots, sa voix ... j'attends, de me montrer forte, de me montrer faible, j'attends ; les minutes passent, et rien ne se passe. Saurais-je aimer de nouveau ? Saurais-je de nouveau faire confiance ? Le doute persiste, la lassitude augmente ... quitter, tout quitter ... mais comment ? Impossible ... la liberté, j'en rêve, l'amour je le veux, m'abandonner impossible, être un oiseau dans une cage ? Encore moins ...la peur me prends, toujours là cette saloperie de peur, pourquoi ? Depuis quand ? À cause de quoi ? Les larmes, de nouveau, coulent. Le silence, mon vieil ami, ... Ils ne le savent pas, ils ne savent pas ce mal qui me ronge, qui le saura ? La lassitude, toujours la lassitude, et le vide ... dépression vous me dites ? Moi malade docteur ? En êtes-vous bien certain ? vous ne me connaissez pas, comment pouvez-vous émettre de tels jugements ? Vos doctorats ? Mais qu'est-ce que j'en ai à faire ? C'est pas eux qui vont me guérir de mon dégoût pour le genre humain ! Vous ne cherchez même pas, vous ne cherchez même pas à comprendre, comment voulez-vous me dire ce que j'ai ?! Des antidépresseurs ? Mais j'en veux pas de vos putains d'antidépresseurs moi !! vous voulez quoi au juste ? vous servir de moi pour l'une de vos expériences ? ou bien rassurer ces chers parents que leurs enfant est simplement "un peu malade", du cœur ? mille excuses my Lord mais ça ne marche pas avec moi. Oui je suis bien malade mais devinez de qui est la faute ? Retranchée, en ces quatre murs, comme un animal, je ne suis pas folle, je ne suis pas folle, juste un peu trop passionnée pour ce monde qui m'entoure ... ces murs, ces murs vont m'écraser, m'écraser, ils se rapprochent de plus en plus de moi, non ... j' vous en supplie ... ne me touchez pas, ne me touche pas, pas encore, pas encore ... arrête ... tes mots, ton regard, va t'en !!! non laisse moi, tu ne m'as pas assez blessée ? mais regarde moi enfin ! regarde ce que tu as fait, regarde ce que je suis devenue par ta faute ? Pas entièrement la tienne ? Peut-être mais certainement pas la mienne en partie ... arrête, arrête je te dis, arrête ! retire tes mains de moi, retire tes baisers de moi, ne vois-tu pas que tu embrasses déjà un cadavre ? Je suis morte, oui morte depuis bien déjà tellement d'années, tu es en train de faire l'amour à un cadavre, un vulgaire cadavre, ça ne te dégoute pas ? ça devrait pourtant ! Allez dis moi pourquoi tu me hais tant ! dis le moi, vas y cela ne te coutera rien de ta misérable existence ! je ne suis pas celle que tu désirais ?? et je devrais payer pour tes crimes ? et puis quoi encore ?! je te déçois ? je ne suis pas ce que tu aurais voulu ? une gentille petite femme qui s'occupe de son gentil petit mari et de ses adorableuh petits enfants ? non désolée tu t'es trompée de personne... j'ai ton visage, mais je ne me retrouve pas en toi, et lui, qu'ai-je de lui ? rien, je ne me reconnais pas en vous deux. Une erreur dans la nurserie ? Probablement oui et pourtant on me dit que je te ressemble ... étrange ... tu me dis le contraire et ne cesse de m'injurier ... aurais je du naitre un siècle auparavant ? qu'aurai-je du faire dis le moi ? Ai-je vraiment ma place parmi vous ? Je ne sais pas, je ne sais plus ... j'attends ...
©Artemis
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Dernière mise à jour de cette page le 17/10/2008